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Coupures d'internet, inflation et or tokenisé : comment le Moyen-Orient utilise réellement la crypto

Published on
29 Oct, 2026 | 10:53
Main tenant un smartphone avec une application de portefeuille crypto devant un étal de bijoux en or dans un bazar au crépuscule
Image: AI-generated for bitcoin24.com
Ce contenu a été généré à l'aide de l'intelligence artificielle.

Coupures d'internet, inflation et or tokenisé : comment le Moyen-Orient utilise réellement la crypto

Le débat sur l'usage du Bitcoin au-delà de l'investissement reste souvent théorique. Un nouveau rapport de la société d'analyse blockchain Chainalysis, publié le 26 octobre 2026, apporte des données concrètes sur une région où la crypto répond à des besoins très pratiques. Il couvre le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENA) de juillet 2025 à juin 2026, une période marquée par la guerre, des coupures d'internet et de nouvelles règles de licence. L'économie crypto de la région a atteint 443,3 milliards de dollars, en baisse de 1,4 % sur un an, même si 16 des 24 marchés mesurables ont progressé.

Iran : le Bitcoin revient dès que l'internet revient

Chainalysis a étudié spécifiquement l'usage quotidien des Iraniens ordinaires, en excluant les activités illicites, que le rapport attribue au contournement des sanctions par l'État. Selon l'analyse, les Iraniens utilisent le Bitcoin et les stablecoins pour se protéger d'une inflation persistante et pour leurs transactions courantes.

Les données montrent à quel point cet usage dépend de l'accès à internet. Lors d'une coupure de 20 jours en janvier 2026, imposée après des manifestations économiques, les transactions en Bitcoin depuis des portefeuilles personnels iraniens ont chuté de près de 90 % la première semaine. Dès le rétablissement de la connexion, l'activité est repartie au-dessus de son niveau habituel.

Une deuxième coupure a duré 88 jours et a commencé avec le déclenchement de la guerre fin février. L'activité Bitcoin a reculé d'environ 80 %, sans jamais tomber à zéro, puis s'est progressivement redressée à plus de 75 % de son niveau normal alors que la coupure était toujours en vigueur. Chainalysis estime que les utilisateurs ont trouvé des solutions de contournement, « peut-être via des connexions Starlink ou d'autres moyens ». Quand les restrictions ont été levées fin mai, l'activité Bitcoin a atteint près du double de la normale.

La leçon est double : la demande pour une monnaie en dehors du système bancaire national est bien réelle, mais sans accès à internet, même le Bitcoin devient inutilisable.

Turquie : épargner en dollars et en or, mais pas de paiement en crypto

La Turquie reste le premier marché crypto de la région avec 144,5 milliards de dollars, soit environ un tiers du total. Des années d'inflation de la livre ont érodé le patrimoine des ménages, et la réaction est clairement visible on-chain : le volume pair-à-pair domestique a été multiplié par cinq pour atteindre 3,56 milliards de dollars, près de trois fois le reste de la région réuni. Presque toute cette croissance provient des stablecoins indexés sur le dollar, utilisés surtout pour épargner et transférer de l'argent.

Pour les paiements, c'est une autre histoire. La banque centrale turque interdit de payer des biens et services en crypto. Une autre tendance est donc apparue : après que le gouvernement a restreint l'achat d'or physique en espèces, les échanges d'or tokenisé sont passés de pratiquement zéro à près d'un milliard de dollars. La livre turque est désormais la deuxième devise la plus utilisée au monde pour acheter de l'or tokenisé, après le dollar américain. Comme l'a résumé un acteur local du secteur à Chainalysis, les investisseurs turcs veulent « des actifs familiers sur de nouveaux rails ».

Émirats arabes unis : de spectateur à plaque tournante

Les Émirats arabes unis ont progressé de 32 % pour atteindre 104,8 milliards de dollars et pourraient dépasser la Turquie dès l'an prochain. Des règles de licence claires, émises par des régulateurs comme la VARA, ont attiré entreprises et acteurs institutionnels. Les paiements pair-à-pair domestiques ont bondi de 786 % et les paiements transfrontaliers entre entreprises de près de 400 %, souvent via d'importants transferts en stablecoins. Un détail frappe : lorsque les Émirats ont été visés pour la première fois par des attaques en mars 2026, le nombre de détenteurs de bitcoins et d'or tokenisé a augmenté. Une fois la situation apaisée, les détenteurs d'or sont restés, tandis que de nombreux acheteurs de bitcoin ont revendu.

Ce que cela signifie pour le débat sur les paiements

Cette semaine encore, le groupe de développeurs financé par Block, Spiral, estimait que les paiements en Bitcoin manquent de demande plutôt que de technologie, et proposait de se concentrer sur les personnes confrontées à des monnaies instables et à des contrôles des capitaux. Les données de Chainalysis confirment cette vision, avec des nuances. Là où la monnaie perd de sa valeur ou où l'accès est restreint, les gens se tournent effectivement vers la crypto. Mais ils choisissent souvent des stablecoins ou de l'or tokenisé plutôt que le Bitcoin, et s'en servent davantage pour épargner que pour dépenser. L'Iran est l'exemple le plus net du Bitcoin comme outil du quotidien ; la Turquie montre comment la réglementation peut orienter cette demande ailleurs.

Sources

  1. Chainalysis – War, Shutdowns, and Licensing Reshape MENA's $443 Billion Crypto Economy (26/10/2026, en anglais)
Live Bitcoin price illustration with upward chart and Bitcoin logo – bitcoin24.com
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Source: CoinGecko